DES FLEURS, IL FAUT DES FLEURS !!!

Publié le par VALERIE

L’importance du pollen dans la ruche n’est plus à démontrer. Nos abeilles ont besoin d’un pollen varié, de qualité et abondant en période de production de couvain ou à l’approche de l’hiver afin d’amasser des graisses. Le pollen est l’unique source de protéines (aminoacides à large spectre), lipides et vitamines nécessaires à la bonne alimentation de nos abeilles. Le miel apporte presque uniquement des hydrates de carbone. Le taux de protéines varie suivant les fleurs (de 7 à 37 %).

Plus les rentrées de pollen sont de couleurs variées, plus le pain d’abeilles est riche.

En période d’abondance, vous pouvez récolter et conserver les beaux cadres de pain d’abeilles au congélateur pour les redistribuer en période de disette.

Les carences en protéines s’observent par un couvain de mauvaise qualité, parfois des abeilles atrophiées, des développements de loques européennes ou de mycoses dont les spores sont présents dans 90 % des ruches.

En cas de manque en pollen, on observe aussi parfois le phénomène de cannibalisme sur le couvain.

Les ouvrières commencent à manger le couvain de mâles et ensuite la tête des nymphes d’ouvrières. Dans ce cas, il est temps d’intervenir.

On a vu que les meilleurs apports de protéines restent le pain d’abeilles. Mais en cas de disette, il faut agir et préparer rapidement un succédané de protéines. On trouve énormément de recettes dans la littérature apicole.

Une des plus utilisée est une préparation à 50/50 de levure de bière (Saccharomyces cerevisiae) micronisée et inactive et de pollen congelé, le tout mélangé avec du miel. Faites dissoudre le pollen congelé dans un peu d’eau, ajoutez la levure et mélangez bien avec le miel liquéfié et tiédi. Laissez reposer au moins une heure avant de faire les galettes.

Placez une galette de 200 g juste au-dessus des cadres de couvain, jamais dans le nourrisseur.

Les jeunes nourrices auront ainsi accès à cette source de protéines.

Renouvelez cette galette dès que la colonie a tout consommé. Un nourrissement de sirop à 50/50 de concentration est distribué en parallèle. Il favorisera la récolte de pollen si la météo le permet

Attention si vous placez des trappes à pollen sur vos ruches.

Choisissez un modèle qui ne prélève qu’un pourcentage raisonnable soit 15 à 20 %.

Retirez les trappes quand la météo se dégrade sur une longue période.

Autant on peut récolter le pollen en période d’abondance afin d’éviter le blocage de ponte, autant il est dangereux de laisser les trappes en service quand la météo se détériore. Pour sa conservation, préférez la congélation qui conserve toutes ses propriétés.

Précaution à prendre
On trouve dans le commerce des poudres de protéines à mélanger dans le sirop. Attention aux risques de fermentation, ne préparez qu’une pettie quantité à la foi
s.

Attention !
Afin d’éviter la propagation de maladies dans votre rucher, utilisez du miel et du pollen issus de vos propres ruches pour la préparation des pâtes de protéine
s.

Gilles Fert
Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rusti
ca

avec l'aimable autorisation de la revue Abeilles et Fleurs

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